CODE FORESTIER mai 2004 |
Suite aux réactions d'un grand nombre d'associations d'usagers de la forêt, dont les mouvements de jeunesse, le projet de réforme du code forestier wallon réduisant l'accès par le public aux forêts et bois wallons n'a pas été adopté par le parlement wallon. Les discussions et les concertations seront reportées à la prochaine législature. Les Scouts feront tout ce qui en leur pouvoir pour faire entendre leur voix en cette matière et préserver un accès le plus large possible aux bois et forêts wallonnes.
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Communiqué de presse – le 20 avril 2004 Position des mouvements et organisations de jeunesse |
Pour que la forêt reste un lieu d’éducation, de découvertes et d’épanouissement… Les mouvements et organisations de jeunesse en Belgique sont des acteurs importants de l’éducation, complémentaires à la famille et à l’école. A ce titre, leurs activités sont régulièrement reconnues comme utiles et nécessaires à notre société. En Communauté française, nous - mouvements et organisations Scouts, Guides, Patros et Jeunesse & Santé - accueillons chaque semaine et chaque été quelques 150.000 jeunes. Ce chiffre monte même à plus de 300.000 jeunes si l’on tient compte des mouvements flamands. Pour ces centaines de milliers d’enfants et d’adolescents, la Nature et plus particulièrement les bois et les forêts sont des lieux privilégiés de découvertes et d’épanouissement… à condition d ’y avoir accès. Or, les récentes propositions de modification du code forestier risquent non seulement de mettre en péril nos activités se déroulant pour la plupart dans les bois et forêts de la Région Wallonne, mais aussi de mettre nos jeunes en danger, en les amenant à se déplacer plus souvent sur les routes.
Nos mouvements ont pour but d’aider chaque enfant à développer tout son potentiel, dans toutes les composantes de sa personnalité. Si, au terme de ce parcours, chaque jeune était devenu un peu plus autonome, libre, conscient, critique, responsable et épanoui, alors, nous aurions réussi notre pari. Nous utilisons pour cela des méthodes éducatives actives, savoureux mélanges d'ingrédients tels que l'éducation par l'action, la vie en petits groupes de pairs, la découverte de valeurs ou encore… la relation privilégiée avec la Nature.
La vie dans la Nature a toujours été au centre des propositions des mouvements, depuis leurs origines. Sans cesse, nous avons réaffirmé toute son importance. La forêt, à cet égard, est certainement l’élément essentiel de la Nature pour vivre une série de découvertes inhabituelles. Car la forêt est une source d’aventures extérieures et intérieures. Notre pari est qu’à force d’être en contact avec la forêt, les enfants apprennent à l’apprécier et à en prendre soin. Pour que ces aventures, ces expériences puissent se avoir lieu, il faut que les enfants, les adolescents aient encore l’occasion de s’ébattre dans la forêt, de pouvoir construire des tanières, réaliser des jeux d’approche, courir dans une clairière, se cacher dans un buisson… bref de sortir des chemins, des sentiers et de pouvoir toucher les arbres. Même si, parfois, cela engendre quelques dégâts, quelques erreurs de la part de jeunes qui sont en apprentissage.
Le projet de décret récemment proposé par le Gouvernement Wallon au Parlement Wallon, en limitant encore les accès à la forêt, risque de compromettre le travail éducatif en empêchant purement et simplement un certain nombre d’activités. Comme n’importe quel piéton, nous ne pouvions déjà plus évoluer librement en dehors des sentiers et chemins pour nos activités. Demain, nous devrions apparemment concentrer encore plus les milliers de jeunes en camps ou en séjours sur les seuls sentiers et chemins balisés (alors que ceux-ci représentent actuellement moins de 15% des sentiers et chemins !). Comment imaginer faire apprécier la nature dans une telle perspective ? Par ailleurs, les jeunes ainsi empêchés de circuler sur certains sentiers seront automatiquement amenés à fréquenter plus souvent les routes, augmentant ainsi les risques d’accidents de circulation contre lesquels nous luttons activement. Enfin, depuis 1996, une convention entre la Région Wallonne, la DNF et nos organisations permet à nos groupes de sortir exceptionnellement des chemins et sentiers sous certaines conditions, dans des espaces réduits et définis au sein des forêts soumises au régime forestier. Ce petit espace de liberté ne nous semble même pas garanti dans le cadre de la proposition du nouveau décret. Nous sommes également, en tant qu’utilisateurs de la forêt, préoccupés par :
Pour que nos organisations gardent leur originalité et leur force éducative, il est nécessaire que l’accès à la forêt reste le plus large possible pour nos activités. Nous comprenons que des zones doivent être protégées, que d’autres utilisateurs de la forêt existent, qu’elle a un rôle économique. Il reste que, parfois, il est incompréhensible pour des jeunes de se voir confinés à un petit terrain de jeu alors que d’autres (par exemple des chasseurs, bien moins nombreux) ont le droit d’occuper des hectares de forêt. Nous plaidons donc pour des concertations, des collaborations afin que le partage de l’utilisation de la forêt, ce bien public auquel nous avons tous droit, se construise et se vive le mieux possible.
Les mouvements de jeunesse ne peuvent se passer d’un accès assez large à la forêt pour mettre en œuvre leur projet pédagogique. Il en va non seulement de leur pertinence de mouvement éducatif mais aussi de la sécurité de leurs membres. Les centaines de milliers de jeunes que nous représentons doivent avoir une place importante dans les réflexions concernant le partage de l’utilisation de la forêt. Nous ne pouvons pas nous contenter d’être réduits à la portion congrue sur les chemins ou au bord de ceux-ci. Nous devons permettre aux jeunes de vivre DANS la Nature, en toute saison. C’est pourquoi nous demandons aux parlementaires wallons de ne pas accepter le texte proposé et de plaider pour une construction d’un code forestier qui soit le fruit de concertations et de collaborations entre l’ensemble des utilisateurs de la forêt, dont les mouvements de jeunesse.
La présente interpellation émane des mouvements et organisations de jeunesse wallonnes Ces mouvements et organisations de jeunesse wallonnes sont par ailleurs soutenues dans leur démarche par les principaux mouvements et organisations de jeunesse néerlandophones (utilisateurs eux aussi des bois et forêts de la Région Wallonne), à savoir : |

