Lors du conseil, chaque enfant ou jeune doit pouvoir s’exprimer, écouter les autres et participer à la prise de décision. C’est un lieu essentiel pour vivre dans le respect des différences de chacun et pour participer à la vie du groupe.

  • Avec un jeune ayant une déficience intellectuelle
    Il a des envies et des idées comme tout le monde, mais il aura parfois des difficultés à les exprimer, soit parce qu’il n’a pas trop l’habitude qu’on demande son avis, soit parce qu’il a un vocabulaire plus restreint. Aussi n’osera-t-il peut-être pas exprimer ses idées en groupe. Pour toutes ces raisons, il a besoin d’être encouragé à parler, surtout au début. Pour les propositions écrites qu’on met sur un panneau, pense à les exprimer, de façon simple et concrète, à haute voix. Des petits dessins peuvent également être un aide-mémoire pour lui. De son côté, il peut également s’exprimer à l’aide de dessins ou de panneaux. Imaginer des projets à long terme n’est pas évident pour lui. Concernant certaines tâches, tu veilleras à la correspondance entre la tâche et les possibilités de l’enfant, qui sera parfois tenté de se surestimer.
  • Avec un jeune infirme moteur cérébral
    Les difficultés pour coordonner tous ses mouvements ont aussi des répercussions sur son langage. Il faut donc lui laisser le temps de parler et l’écouter avec patience, et surtout ne pas supposer que son handicap moteur entrave sa capacité intellectuelle.  
  • Avec un jeune avec déficience physique
    Au niveau du conseil même, son handicap ne joue pas. Il peut donc y participer normalement. Concernant la répartition de certaines tâches, tu tiendras compte de ses capacités et de ses limitations.
  • Avec un jeune ayant une déficience auditive
    Le langage chez l’enfant sourd est parfois difficile à comprendre. En plus, en grand groupe, il devient très difficile pour lui de suivre en lisant sur les lèvres. Un support visuel des propositions sous forme de panneau est sûrement de mise. En matière de jeu, tu peux même de temps en temps faire un conseil-mime (par exemple en présentant un projet sans dire un mot).
  • Avec un jeune ayant une déficience visuelle
    Il n’aura pas de difficulté spécifique, sauf dans le  cas où des schémas visuels sont utilisés. Si ceux-ci sont indispensables, tu les lui expliqueras par la suite, éventuellement en mettant un doigt sur le schéma pour suivre les dessins ou en les schématisant en 3D (avec du fil à scoubidou). 

En savoir plus sur le conseil.

La Promesse, Monsieur Loyal, le Message au Peuple libre ou l’Engagement sont des moments importants dans le processus d’intégration aux valeurs de la vie scoute. Y porter attention est donc essentiel. Réfléchir aux dispositifs qui les accompagnent aussi.

Dans les préparatifs, certaines réflexions pourraient paraître abstraites et incompréhensibles pour un jeune présentant une déficience.

Dans le cas d’un enfant qui aurait des difficultés à parler et qui doit prononcer quelques phrases devant les autres, on peut lui faciliter la tâche. Proposer un parrain pour lui comme pour les autres est un bon coup de pouce. Ce scout aîné aidera à la formulation qui peut être très simple.

Le baladin ou le louveteau mais aussi le scout, même plus âgé, peut utiliser des dessins ou des pictogrammes pour exprimer ses sentiments, ses opinions. Faire le lien avec la vie en petit groupe et spécialement avec des moments vécus avec lui aide aussi à concrétiser les valeurs.

L’explication de textes comme la Loi scoute peut ainsi être simplifiée, écourtée, réalisée avec des exemples concrets, que le scout connaît et peut reproduire.

En savoir plus sur la Promesse et les moments forts d'animation aux valeurs.

Comme pour les jeux, l’objectif de l’atelier reste le même. Les étapes peuvent peut-être prendre plus de temps ou le matériel utilisé peut être adapté. Ce qui compte, c’est la participation et non le résultat final.

Il faut d'autant plus veiller à l’utilisation de certains outils qui pourraient être dangereux comme des ciseaux, des cutters, des scies, des pyrograveurs… Certains scouts sont parfois moins habiles qu’on ne le pense.

Pense aussi à l’accessibilité du matériel. Il sera à portée de main et d’utilisation facile et confortable pour tous.

  • Vivre une activité artistique pour un jeune avec des problèmes de préhension
    L’enfant sait-il peindre avec la bouche ou le pied ? Tout le monde s’y met et on fait une séance de peinture-bouche. Donne-lui des petites brosses, des éponges, grossis le pinceau avec les tubes en mousse de protection (tuyauterie), peins avec une paille en bouche, avec un fusil à eau, avec un gant de toilette, etc.
  • Vivre une activité artistique pour un jeune présentant des problèmes visuels
    Utilise des objets en 3D pour créer une fresque (laine, capsules, papier mâché, etc.). Utilise de la pâte à modeler, des fruits, etc. Travaille avec les mains, les odeurs, les sensations.

En savoir plus sur les ateliers.

Les personnes porteuses d'une déficience intellectuelle, même adultes, ont souvent beaucoup de mal à faire la distinction entre le réel et l’imaginaire. Tout est souvent pris au premier degré. Il ne faut pas s'étonner si un scout porteur d'une telle déficience manifeste une peur réelle lorsqu'on lui parle d'aller affronter les dragons du château. Le rôle de l'animateur est donc de le rassurer et de lui expliquer que c’est un jeu, que c’est "pour de faux", même s’il est déjà un grand adolescent.

Les jeunes enfants porteurs d’une déficience physique ont eux aussi une émotivité et une sensibilité plus grandes. De l’émotion amène parfois de la nervosité.

L’objectif des badges est bien d’améliorer ses compétences dans un domaine au service de la troupe en rencontrant des professionnels de ce domaine. Rien n’empêche donc un jeune en situation de handicap de se lancer dans la démarche du badge et d’aller jusqu’au bout. Il faudra peut-être un encadrement un peu plus soutenu, une relance plus régulière, organiser un calendrier très précis mais tout est faisable.

Le scout qui vit une incapacité a le droit, comme un autre, de prendre des moments pour soi, pour faire le point. Il faudra, sans doute ici aussi être plus présent, utiliser un support très concret si le jeune est porteur d’une déficience intellectuelle.

C’est par habitude et répétition que le jeune, stimulé, arrivera à dire ce qu’il pense, à donner son propre avis ou ressenti. Cela prendra peut-être du temps, cela te paraîtra simple ou simpliste. Mais pour le scout en ressortira grandi.

En savoir plus sur le bivouac.

C’est l’endroit idéal pour aider chacun à se sentir bien dans le groupe. C’est indispensable que l’enfant porteur d'une déficience reste, comme c’est le cas pour les autres scouts, dans le même petit groupe un certain temps. Pas question de le changer de sizaine ou de patrouille à chaque réunion sous prétexte que ce ne sont pas toujours les mêmes qui doivent s’en charger. On empêcherait d’abord l’enfant accueilli de prendre des points de repères. Or, c’est là quelque chose de capital, pour lui comme pour les autres scouts. Ensuite, rien de tel que de vivre régulièrement des choses avec le jeune pour arriver à mieux le comprendre, mieux s’apprivoiser mutuellement et finalement le considérer comme un scout comme les autres.

  • Penser à associer les aînés, voire l’ensemble de la sizaine ou de la patrouille qui va accueillir ce scout à la démarche d'intégration.
  • Donner quelques conseils aux scouts : plus particulièrement concernant les difficultés et les réactions possibles de ce nouveau venu.
  • Rassurer les scouts : ils ne sont pas les seuls responsables de la réussite de l’intégration ; c’est bien l’affaire de toute la section.
  • Offrir à chacun la possibilité de parler avec les animateurs de la façon dont ça se passe. Inviter le scout en situation de handicap à parler de sa différence s’il le désire. Quand on a le même âge, il est parfois plus facile de poser des questions sans être gêné et d’avoir des réponses…

En savoir plus sur les petits groupes.

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