Partir en camp, c’est partir de la maison et quitter pendant quelques jours ses petites habitudes bien réglementées. Cela peut être inquiétant pour l’enfant porteur d'une déficience, mais aussi stressant pour le staff qui doit considérer bien d’autres faits que juste l’animation d’une réunion. Voici quelques points d’attention.

Un carnet de camp et une petite visite chez les parents permettront de rassurer tout le monde. Il s’agira de présenter ce qu’il se passera au camp et permettre aux parents de pointer les moments qui pourraient poser problème, auxquels il faudra faire attention. L’enfant et ses parents seront heureux de découvrir le projet, pourront poser toutes leurs questions et être rassurés. Il ne faut pas voir cela comme une charge en plus : il s’agit simplement de recevoir des réponses à ses questions.

Les parents pourront vous donner des conseils pour déplacer l’enfant, pour donner des soins convenablement, pour le rendre autonome et le stimuler dans son habillement ou sa toilette.

La structuration du temps et de l'espace est une dimension importante pour aider les enfants avec déficience à se repérer.

Il faudra prévoir un calendrier du camp et des horaires clairs ainsi qu’une indication précise des différents locaux. Ce peut être une affiche apposée au mur de son dortoir sur laquelle on barre chaque matin le jour passé. Ce peut être aussi un cahier, avec des couleurs et des dessins pour illustrer les moments-clés, des photos des parents…

Il faut prévoir du temps à accorder à l’enfant pour des choses qui te paraissent élémentaires telles que prendre une médication, l’habillement, les repas. Ce sont des moments qui permettront à ton scout d’acquérir une certaine autonomie mais il faudra néanmoins s’organiser.

Pour des moments moins évidents, comme la toilette, tu peux, avec ton staff, te sentir débordé ou mal à l’aise vis-à-vis du scout ou de par ton manque de pratique en la matière. Un service-répit ou de soins à domicile peut être sollicité. Parles-en avec les parents.

Lors des consignes données oralement avant chaque activité, il est important de donner les renseignements plus précis à l’enfant : le lieu, le timing et s’assurer qu’il a bien compris toutes les consignes. N’hésite pas à te servir d’un support écrit (images) ou à lui faire expliquer le jeu avec ses mots.

Un enfant avec une déficience est souvent plus vite fatigué. Il est important qu’il puisse se reposer. Promets-lui de lui raconter en détails ce qui s’est passé en son absence. Il acceptera ainsi plus facilement de rater une étape de la journée.

Sois très prudent avec le feu et un jeune qui souffre de paralysie. Il ne sentira peut-être pas la douleur s’il est trop près du feu. Attention aussi au froid et à la pluie.

Mets de la lumière pour une personne déficiente auditive, afin qu’elle suive l’histoire que tu racontes, travaille sur l’expression et le mime pour mettre du piment à ta veillée. Pense également à ce que ce scout puisse toujours voir ce qui se passe dans la veillée sans que le feu de camp ne le sépare visuellement de l’animateur. C’est par le visuel qu’il comprendra la plupart des éléments et moments de la veillée.

En savoir plus sur la veillée.

  • Pour un ado avec des problèmes de préhension
    Évite la manipulation d’outil de précision. Cela ne doit pas empêcher toute autre manipulation d'outils. Mais la préhension entraîne une diminution de la force d’appui. Il faut en tenir compte.
  • Pour un ado présentant une déficience intellectuelle
    Évidemment, ne jamais le laisser seul. Néanmoins, ce n’est pas parce qu’il a ce type de déficience qu’il ne sait pas manier une scie ! Et puis le woodcraft, c’est aussi la sélection du bois, les plans et idées de construction, la conservation des outils…

En savoir plus sur le woodcraft.

Epreuve physique pour certains, le hike est un moment important dans la vie de chaque scout, autant tout mettre en place pour que cela reste un souvenir agréable où chacun s’y sent bien ! Voici quelques conseils.

  • Pour une personne souffrant d’IMC
    Selon l’intensité des lésions, une personne atteinte d’IMC dispose d'une mobilité plus ou moins grande. Elle a besoin de nombreux moments de pause. Elle est tout à fait autonome au niveau intellectuel. Un moyen de locomotion particulier peut être utilisé durant toute la durée du hike pour accompagner les autres marcheurs (ou sur la seconde moitié pour lui permettre de récupérer, de moins se fatiguer tout en continuant à vivre le hike avec le reste de sa patrouille).
  • Pour une personne porteur de trisomie
    Ne jamais la laisser seule car plus que quiconque, elle a besoin de repères. Faire une randonnée récurrente ne pose aucun problème, pas un nouvel itinéraire. Le jeune trisomique se fatigue plus vite. Il faut poser des objectifs concrets durant le hike : ne pas parler en termes vagues ou non perceptibles. Mais donner des repères et objectifs (point à atteindre sur la carte, trouver un objet, etc.). Il faut l’encourager, le stimuler régulièrement. Une personne trisomique n’a pas la notion de chaleur ou d’hydratation…Veille donc à faire régulièrement des pauses, boire et se mettre à l’ombre.
  • Pour une déficience visuelle
    • Les tendeurs et piquets de tentes peuvent être entourés de rubalise (rubans de travaux blancs et rouges) afin qu’ils soient les plus voyants possible.  
    • Pour retrouver sa tente ou la feuillée, installe une grosse lumière qui émet des flashs en permanence. Fais le tour de la prairie pour bien connaître les chemins d’accès pour atteindre un tel lieu ou découvrir les pièges du sol.
    • Adapte le planning du camp pour le jeune déficient visuel qui ne pourrait pas participer aux constructions (abrèges-en la durée par exemple), mais prépare, avant le camp, l’installation et le choix des constructions avec le jeune (de cette manière, il y aura un peu participé).
    • A son arrivée, faites-le tour ensemble pour lui permettre d’apprécier l’endroit de camp.
  • Pour une déficience motrice
    • C’est plus facile de circuler en voiturette lorsque l’herbe est coupée à ras. Tu peux aussi louer des tricycles adaptés ou des joëlettes pour vous promener.
    • Lorsque vous partez en excursion en transport en commun, assure-toi qu’il est adapté et prêt à accueillir une personne à mobilité réduite. La SNCB et le TEC proposent des services gratuits et appropriés, mais il faut les contacter quelques jours à l’avance !
    • Tu peux aussi trouver un transport adapté (conduit par un chauffeur externe). Renseigne-toi auprès des parents du jeune, peut-être ont-ils des astuces ou peuvent-ils vous conduire avec leur propre voiture ?