Vivre un camp avec une personne handicapée

Partir en camp, c’est partir de la maison et quitter pendant quelques jours ses petites habitudes bien réglementées. Cela peut être inquiétant pour l’enfant à besoins spécifiques, mais aussi stressant pour le staff qui doit considérer bien d’autres faits que juste l’animation d’une réunion. Voici quelques points d’attention :

Le carnet de camp, une mise en bouche qui fera saliver jusqu’au premier jour ! Comme avec tous les autres enfants, le camp, surtout quand c’est la première fois, est une grande inconnue autant pour les parents que pour l’enfant, surtout si celui a des troubles mentaux.

Un carnet de camp et une petite visite chez les parents permettent de rassurer tout le monde.

Les parents pourront vous donner des conseils pour déplacer un enfant ou lui donner des soins, des astuces pour le rendre autonome et le stimuler dans son habillement ou sa toilette, vous expliqueront s’il y a des soins à donner ou ce à quoi il faut faire plus attention.

L’enfant sera heureux de découvrir le projet, pourra poser toutes ses questions.

Ton staff et toi, vous pourrez présenter ce qu’il va se passer et par là, les parents pourront pointer les moments qui pourront  paraître poser problème, auxquels il faudra faire attention. Il ne faut pas voir cela comme une charge en plus. Ton engagement d’animateur passe par le bien-être de tout enfant, quel qu’il soit. Et tout le monde a droit de recevoir des réponses à ses questions.

La structuration du temps est une dimension importante pour aider les enfants avec déficience intellectuelle à se repérer.

Les journées du camp se déroulent pour la plupart sur un même horaire : le matin, les activités se déroulent autour du camp. L’après-midi, tous les groupes doivent quitter le camp pour aller à l’extérieur (dans les bois, dans le village…). C’est le moment des grands jeux qui durent plus de trois heures (jeux de piste, de village, à thème…).

Prépare un calendrier du camp pour expliquer par exemple que la visite des parents le 9 juillet ne représentera pas la fin du camp. Ce peut être une affiche apposée au mur de son dortoir sur laquelle on barre chaque matin le jour passé. Ce peut être aussi un cahier, avec des couleurs et des dessins pour illustrer les moments-clés, des photos des parents…

Une fonction sera attribuée à chaque local durant toute la durée du camp. Ceci permet de répondre au besoin de structuration spatiale des enfants à besoins spécifiques. On retrouvera donc les locaux suivants :

  • la cuisine
  • le réfectoire
  • la salle de veillée
  • les lavoirs
  • les toilettes
  • le dortoir
  • l’endroit où se tiennent tous les rassemblements.

Il est possible de proposer des images pour identifier l’usage de la pièce. Lors des consignes données oralement avant chaque activité, il est donc important de donner les renseignements sur le lieu où elles se déroulent.

Ces images peuvent se retrouver dans le carnet de camp distribué lors d’une rencontre préalable. Dès l’arrivée de l’enfant, prends le temps de l’accompagner avec ses parents et de lui faire visiter tous les lieux : où ton staff va dormir, où on range la vaisselle, etc. 

Ce moment permet à l’enfant d’aller se coucher s’il est trop fatigué. Promets-lui de lui raconter en détails ce qui s’est passé en son absence. Il acceptera ainsi plus facilement de rater une étape de la journée.

Sois très prudent avec le feu et un jeune qui souffre de paralysie. Il ne sentira peut-être pas la douleur s’il est trop près du feu. Attention aussi au froid et à la pluie.

Mets de la lumière pour une personne déficiente auditive, afin qu’elle suive l’histoire que tu racontes, travaille sur l’expression et le mime pour mettre du piment à ta veillée.

En savoir plus sur la veillée.

  • Pour un ado avec des problèmes de préhension
    Évite la manipulation d’outil de précision. Cela ne doit pas empêcher toute autre manipulation d'outils. Mais la préhension entraîne une diminution de la force d’appui. Il faut en tenir compte.
  • Pour un ado présentant un retard mental
    Évidemment, ne jamais le laisser seul. Néanmoins, ce n’est pas parce qu’il a un handicap mental qu’il ne sait pas manier une scie ! Et puis le woodcraft, c’est aussi la sélection du bois, les plans et idées de construction, la conservation des outils…

En savoir plus sur le woodcraft.

La grande épreuve physique pour certains ! Le hike est un moment assez important dans la vie de chaque scout, autant tout mettre en place pour que cela reste un souvenir agréable où chacun s’y sente bien ! Voici quelques conseils.

  • Pour une personne souffrant d’IMC
    Selon l’intensité des lésions, une personne atteinte d’IMC dispose d'une mobilité plus ou moins grande. Elle a besoin de nombreux moments de pause. Elle est tout à fait autonome au niveau intellectuel. Un moyen de locomotion particulier peut être utilisé durant toute la durée du hike pour accompagner les autres marcheurs (ou sur la seconde moitié pour lui permettre de récupérer, de moins se fatiguer tout en continuant à vivre le hike avec le reste de sa patrouille).
  • Pour une personne trisomique
    Ne jamais la laisser seule. Une personne trisomique a besoin de repères. Faire une randonnée récurrente ne pose aucun de problème, pas un nouvel itinéraire. Le jeune trisomique se fatigue plus vite. Il faut poser des objectifs concrets durant le hike : ne pas parler en termes vagues ou non perceptibles. Mais donner des repères et objectifs (point à atteindre sur la carte, trouver un objet, etc.). Il faut l’encourager, le stimuler régulièrement. Une personne trisomique n’a pas la notion de chaleur ou d’hydratation…Veille donc à faire régulièrement des pauses, boire et se mettre à l’ombre.
  • Pour une déficience visuelle
    • Les tendeurs et piquets de tentes peuvent être entourés de rubalise (rubans de travaux blancs et rouges) afin qu’ils soient les plus voyants possible.  
    • Pour retrouver sa tente ou la feuillée, installe une grosse lumière qui émet des flashs en permanence. Fais le tour de la prairie pour bien connaître les chemins d’accès pour atteindre un tel lieu ou découvrir les pièges du sol.
    • Adapte le planning du camp pour le jeune déficient visuel qui ne pourrait pas participer aux constructions (abrèges-en la durée par exemple), mais prépare, avant le camp, l’installation et le choix des constructions avec le jeune (de cette manière, il y aura un peu participé).
    • A son arrivée, faites-le tour ensemble pour lui permettre d’apprécier l’endroit de camp.
  • Pour une déficience motrice
    • C’est plus facile de circuler en voiturette lorsque l’herbe est coupée à ras. Tu peux aussi louer des tricycles adaptés ou des joëlettes pour vous promener.
    • Lorsque vous partez en excursion en transport en commun, assure-toi qu’il est adapté et prêt à accueillir une personne à mobilité réduite. La SNCB et le TEC proposent des services gratuits et appropriés, mais il faut les contacter quelques jours à l’avance !
    • Tu peux aussi trouver un transport adapté (conduit par un chauffeur externe). Renseigne-toi auprès des parents du jeune, peut-être ont-ils des astuces ou peuvent-ils vous conduire avec leur propre voiture ?