Expliquer un jeu

Les personnes qui ont une déficience intellectuelle ont une capacité à vivre, travailler, se distraire, tout comme toi. Elles éprouvent des sentiments, désirent être heureuses, ont les mêmes besoins d’encouragement de confiance, de découverte de soi et des autres.

Une personne déficiente intellectuelle a des aptitudes à apprendre et comprendre. Le niveau dépend en général des stimuli reçus dans son éducation.

Lorsque tu communiques avec une personne présentant des troubles mentaux :

  • Utilise un langage clair et court.
  • Ne parle pas au second degré.
  • N'utilise pas de concepts abstraits ni de métaphores.
  • Emploie des mots usuels et fais des phrases courtes, en style direct..
  • Abuse d’exemples pratiques, sois visuel (cartes, dessins, pictos)....

Pour un atelier, reproduis la technique, c’est plus compréhensible que des consignes verbales. Et surtout vérifie si la personne t’a compris.

Certains enfants ayant une déficience mentale n’ont pas conscience du temps, de la température et du danger. Ce sont donc des notions que tu dois avoir en tête afin d‘éviter quelques désagréments par après.

En camp, des habitudes et de petits rituels créés ensemble permettent de rassurer l’enfant et d’éviter les angoisses car il n’est plus à la maison ni au local qu’il connaît fort bien.

Il existe une rumeur certifiant qu’une personne affectée de surdité n’entend rien. Il n’en n’est rien. Les symptômes de la surdité varient d’un individu à l’autre. La majorité des personnes qui ont une déficience auditive conservent un résidu auditif qu’elles peuvent utiliser pour percevoir la parole ou les sons environnants. 

Une autre croyance concerne l’oralité. Une personne sourde n’est pas muette (et inversement). Elle rencontre des problèmes d’orientation dans l’obscurité et l’eau, vu le déséquilibre de l’oreille interne. Pour communiquer, elle lit sur les lèvres, parle oralement et parle avec des gestes (la langue des signes francophone de Belgique). 

Pour communiquer avec une personne sourde :

  • Fais attention à l’environnement : elle doit pouvoir lire sur tes lèvres.
  • Ne sois donc pas à contre-jour.
  • Ne change pas ton articulation (surtout dans l’exagération) et ne ralentis pas ton débit de parole.
  • Demande au jeune sourd s’il a bien compris ce que tu viens de lui dire, fais-le répéter les consignes du jeu par exemple. En effet, à l'oral, beaucoup de mots ont le même son ou la même articulation…

Et  n’oublie pas de faire attention à l’implant cochléaire (petite ventouse derrière l’oreille) et aux appareils auditifs si tu joues avec de l’eau ou dans la boue… cela coûte très cher ! Et l’assurance scoute ne rembourse pas !

Si tu emploies des supports auditifs pour un jeu, n’oublie pas de les remplacer ou de les coupler à un moyen visuel : un sifflet avec un foulard ou un signal lumineux…

La personne qui a une déficience visuelle doit se fier à ses autres sens pour s’orienter dans l’espace ou se représenter la réalité. Le toucher, par exemple, est le moyen de percevoir et de se représenter son environnement. Ainsi, il ne faut pas se surprendre de voir une personne ayant une déficience visuelle toucher les objets et les gens.

Certaines personnes ayant une déficience visuelle ne dirigent pas leur regard vers l’interlocuteur en lui parlant, d’autres font des mouvements de la tête (rotation, balancement, regard vague). Elles tendent l’oreille à la place de l’œil.

Les personnes qui ont une vision périphérique éprouvent le besoin de tourner la tête, ou regardent de côté pour voir.

La personne aveugle doit conceptualiser par l’imagination. Elle mémorise rapidement un trajet avec l’habitude. Mais à condition que tu passes un peu de temps pour lui parler des pièges qu’elle pourrait rencontrer ou se balader avec elle afin qu’elle prenne des repères. Parfois, l’ado présentant cette déficience est un peu gêné de dire qu’il se déplace avec une canne…il la cache soigneusement dans son sac à dos. Dédramatise la situation : c’est pour le bien de tout le monde et surtout pour qu’il prenne vraiment du plaisir à la rando sans être stressé à l'idée de chuter.

Encore plus de conseils dans la fiche sur le déficience visuelle.

A priori, tu n’auras pas de problème pour expliquer un jeu à une personne en fauteuil roulant ou qui utilise un cadre de marche ! Si lors de ton intro, tu montres que tu as reçu une lettre, mets-la aussi à sa hauteur pour qu’elle puisse lire le contenu. Durant la préparation, vérifie bien que le terrain de jeu soit accessible et pas trop accidenté.

Prévois des pauses via des jeux, des devinettes, un goûter afin que le jeune puisse reprendre du souffle avant de repartir à la poursuite du pirate !

Tu ne dois pas supprimer un hike ou une rando en vélo si tu as un scout en chaise roulante dans ta troupe. Des associations prêtent ou louent des joëlettes et des vélos adaptés pour que la promenade soit un plaisir pour chacun.

Avant d’aider une personne qui se déplace en fauteuil roulant, demande-lui toujours si elle veut de l’aide ; la personne n’en a peut-être pas besoin, ni envie. Sois souvent à la hauteur de la personne assise. Si tu discutes longtemps avec elle, agenouille-toi afin qu’aucun de vous deux n’attrape un torticolis.

Encore plus de conseils dans la fiche sur la déficience motrice.