Hygiène, santé, alimentation, soins médicaux, sécurité… Tous ces moments et situations de la vie quotidienne qui se vivent uniquement au camp peuvent déstabiliser un staff. Sauf si on s’y prend à l’avance.

  • Le scout en situation de handicap a-t-il des problèmes de déglutition ?
  • Sait-il manger tout seul ?
  • Prend-il convenablement en main sa fourchette et son verre ?

Une bonne connaissance des capacités de ton jeune ainsi qu'une discussion franche avec les parents et le jeune permettront d’éviter les mauvaises surprises le premier jour du camp.

Le jeune peut être soumis à un régime particulier. Selon sa déficience, il peut aussi avoir des caprices et refuser de manger ou vouloir trop manger. Tes intendants doivent donc veiller à lui offrir des repas avec une quantité ordinaire et ne pas répondre à ses demandes entre les repas. Mais ses parents t’auront déjà certainement donné des conseils et des recommandations à ce sujet.

Le repas est aussi une occasion pour laisser le jeune évoluer dans son autonomie. Essaie de lui laisser l’espace et le temps pour acquérir quelques notions et se débrouiller. Le repas est aussi un moment de détente en groupe et non un concours de vitesse de gloutons.

A l’adolescence, la sexualité apparaît souvent de façon fort abrupte chez les jeunes en situation de handicap, essentiellement chez ceux présentant une déficience intellectuelle importante. Ils vivent leurs pulsions au premier degré et ont des difficultés à les contrôler.

Le sujet ne doit pas être tabou. Il est important de rappeler régulièrement les comportements permis et ceux qui ne le sont pas au jeune porteur d'une déficience. Mais aussi de prévenir les autres scouts des "avances éventuelles" et de la nécessité de ne pas les laisser faire.

Un jeune porteur d'un handicap n’est pas toujours habitué à être autonome. Souvent, parents et éducateurs sont derrière lui pour veiller à son hygiène et à la gestion de ses petites affaires. Ce n’est pas sur 15 jours de camp que tu pourras tout changer. D’ailleurs, le jeune lui-même n’est pas toujours capable de s’assumer sur ce point de vue. A toi de l’aider à gérer cet aspect de la vie en société. Bien souvent, un enfant en situation de handicap a une mauvaise estime de soi. Par conséquent, il peut se sentir mal à l’aise de se laver devant toi ou devant le reste du groupe, de montrer la difformité de son corps.

Sans être intrusif et en restant très discret par rapport au reste du groupe, prends le temps d’aider ce scout à organiser son sac, demande-lui de changer de vêtements si tu constates qu’il ne le fait pas de lui-même, accompagne-le dans sa toilette. Une relation de confiance doit être établie entre le jeune et l’animateur qui veillera quotidiennement à respecter ses moments d’intimité.

Un changement de cadre peut provoquer des risques de constipation. Pour éviter ces problèmes, vérifie discrètement mais régulièrement si le jeune va à selles.

Il est parfois aussi nécessaire de lui dire les étapes qu’il doit réaliser pour se laver. Reste près de lui, tout en lui laissant suffisamment d’intimité.

Certains enfants reçoivent des soins spécifiques ou sont aidés dans leur toilette quotidienne à la maison par un service de soins à domicile. Fais appel à ce service lors du camp. L’enfant y a droit aussi là-bas.
Via les parents, prends contact avec l’aide-soignante ou l’infirmière du service des soins à domicile qui s’en occupe, vois les possibilités durant le camp. Le cas échéant, les parents peuvent contacter un service proche de ton camp (pour les remboursements et la gestion de dossiers, ce sont uniquement les parents qui peuvent se charger de cette demande).

Qui peut donner des médicaments à un scout ?
Consulte le cahier TAMALOU pour savoir quoi faire face à un enfant malade en toute légalité.

Toute discussion avec les parents avant de partir en activité ou au camp est le meilleur médicament de prévention.

Lorsque vous investissez un endroit de camp sous bâtiment, il est important de bien connaître les issues de secours, lire les plans d’information à cet effet et prévoir un plan d’évacuation entre staff.

Cette règle est encore plus d’actualité si tu accueilles dans ta section un ou plusieurs enfants en situation de handicap.

Pour cet enfant, désigne un ou deux animateurs ou intendants (et non scouts) référents. Ceux-ci veilleront personnellement à prendre en charge et à suivre son évacuation.

  • Si le scout est en fauteuil roulant et que vous n’êtes pas au rez-de-chaussée, il faudra veiller à prendre des porteurs, capables de le prendre sans se faire mal au dos (plus d'informations à ce sujet dans la fiche Manipulation d'un fauteuil).
  • Les scouts malentendants ou sourds devront être prévenus autrement que par le moyen sonore de l’alarme qu’ils ne peuvent percevoir. La nuit, n’oublie pas que les prothèses auditives sont débranchées…

Aide et soutien

Pour ces moments, comme pour la toilette, tu peux, avec ton staff, te sentir débordé ou mal à l’aise vis-à-vis du scout ou de par ton peu de pratique en la matière.

Un service-répit ou de soins à domicile peut être sollicité. Parles-en avec les parents. Une personne de référence ou un animateur en plus ou un intendant peuvent venir te suppléer dans ces moments. Prendre du temps pour donner à manger à un enfant pendant que dans ton dos 40 louveteaux font la pagaille à table peut paraître impossible à gérer ! Et c’est un argument valable. Il existe toujours une solution.

En tant qu’animateur, tu dois penser au plaisir et au bien-être du jeune en situation de handicap, des autres scouts, mais aussi de tout le staff, et cela pendant tout le camp.